Bortükariak : entre découverte et préservation de la montagne souletine

Jean-Marie Izquierdo - eitb.com

12/03/2009

L'association souletine Bortükariak ne se contente pas de recouvrir l'ensemble des versants pyrénéens, elle cherche également à en préserver l'histoire.

Depuis Mauléon (Soule), l'association Bortükariak organise des sorties hebdomadaires dans les montagnes pyrénéennes.

Depuis trente ans, ces amateurs de marches en montagne ("bortükariak" en langue basque) qui chaussent à l'occasion les raquettes, ne se contentent pas uniquement de recouvrir l'ensemble des versants pyrénéens, ils s'efforcent également d'en préserver l'histoire.

L'association Bortükariak fête ses 30 ans cette année. Depuis ses débuts, elle a regroupé des amateurs, parfois chevronnés, de montagne. D'un premier réseau de copains, l'association s'est ouverte dans les années 1990, avec l'arrivée de Robert Larrandaburu à la présidence, ce qui a permis d'intégrer environs une cinquantaine de personnes.

Bortükariak : des montagnards

"On fait une sortie par semaine, le dimanche. On alterne entre montagne basque et béarnaise. L'été, on fait des sorties sur plusieurs jours, le reste de l'année, on profite aussi des ponts et de certains week-ends pour faire des randonnées plus longues" explique Jean-Claude Séhébiague. La particularité de l'association est qu'elle est ouverte à tous, pas aux uniques membres de l'association.

Le marcheur qui le souhaite bénéficie d'un encadrement et du travail de reconnaissance de l'ensemble des parcours. En effet, les circuits sont toujours reconnus, ce qui permet d'estimer le temps des sorties et le niveau de difficultés en fonction des conditions météorologiques. Pour la douzaine de personnes qui partent en sortie, c'est une manière de profiter des paysages en toute tranquillité, en toute sécurité. Le détail des sorties est disponible sur le site www.soule-xiberoa.fr et le covoiturage de rigueur.

Conservation du patrimoine souletin

La particularité de Bortükariak est que ce n'est pas qu'une simple association de randonnée. Grâce à un projet Leader en 1993 et 1994, l'association a pu engager la rénovation d'un cayolar, celui de Pixta. 

Le cayolar ou "olha", en basque souletin, est cette cabane de berger qui servait lors de la transhumance des troupeaux. C'est là que certains bergers fabriquent toujours le fromage d'estives.

Dans ces refuges que se partageaient généralement plusieurs bergers, souvent copropriétaires, chacun avait une tâche qu'il exerçait à tour de rôle. Avec le temps, certains cayolars, "pekoak" (ceux d'en bas) et "artekoak" (ceux du milieu), inutilisés, sont tombés à l'abandon. Les cayolar les plus hauts, "gainekoak", sont quasiment les seuls qui restent en état aujourd'hui puisqu'ils ont souvent été reconstruits conformément aux normes en vigueur.

Les randonneurs sont sensibles à la destruction des cayolars. Et Bortükariak a envisagé d'en restaurer certains dès 2005. "Nous avions des contacts avec l'Université de Pampelune. Nous en avions rencontré un professeur. Mais ce sont des dossiers lourds à constituer" regrette Jacques Hidondo, de l'association. Les fonds européens, en particulier ceux des programmes transfrontaliers, sont difficiles à obtenir.

Il y a aujourd'hui une centaine de cayolars à l''abandon en Soule. "Notre idée n'est pas forcément de les restaurer tous, ce serait trop difficile. Mais il est vrai que j'aime l'idée de faire le tour de la Soule en dormant dans les cayolars, en traversant les vallées de Sainte-Engrâce, de Larrau et des Arbailles" explique Jean-Claude Séhébiague.

Pixta Pekoa - photo Etienne Boyer
Pixta Pekoa - photo Etienne Boyer

Pour nous contacter :

jacques.hidondo@wanadoo.fr

Club de Mauléon

Ardane Pekoa - Photo Christophe de Parda
Ardane Pekoa - Photo Christophe de Parda